Devenue psychologue clinicienne et psychanalyste par vocation, Sandra Baumlin exerce son métier au sein du Service de soutien psychologique opérationnel de la police nationale. Elle a également ouvert son propre cabinet de consultation il y a deux ans.
Chez Sandra, l’envie de devenir psychologue est née au Centre de documentation de son lycée. Alors élève de seconde, elle est tombée sur le livre « Psychopathologie de la vie quotidienne » de Sigmund Freud. « J’ai découvert le sens de l’inconscient et la singularité de l’être humain. J’ai reconnu ma façon de penser dans ce bouquin et je me suis sentie moins seule », confie Sandra. Une vocation était née.
« Nulle en maths », elle choisit un bac économique et social option biologie avant de se lancer dans un parcours d’études à la Faculté de psychologie de l’Université de Strasbourg en 1992. « Je viens d’un petit village du Haut-Rhin donc quand j’ai débarqué à Strasbourg à 18 ans, j’ouvrais de grands yeux et, à la fac, j’étais contente de trouver des gens qui me ressemblent ! », s’exclame Sandra. Après une licence et une maîtrise de psychologie, elle opte pour un DESS Psychologie clinique option psychopathologie.
Si la faculté lui a permis d’acquérir les bases théoriques de son métier et de mener une réflexion sur son positionnement en tant que clinicienne, elle a surtout été marquée par ses professeurs. « Je me souviens notamment de Jean-Richard Freymann, Michèle Grosclaude, Michel Patris ou encore Christian Hoffmann mais j’ai surtout rencontré mon maître à penser en terme clinique, Françoise Hurstel, aujourd’hui professeur émérite de psychologie clinique de l’université de Strasbourg et psychanalsyte, que je côtoie toujours », confie l’adepte de Freud et Lacan.
Ses débuts dans le métier ont été un peu difficiles. « A la fac, on nous y avait préparés. C’est important pour les jeunes diplômés de psychologie d’accepter les petits contrats pour débuter. Ça compte dans une candidature à un poste plus pérenne. » Sandra a donc commencé par des vacations à l’Institut de formation en soins infirmiers ou encore dans une association d’accompagnement scolaire. Elle a aussi été bénévole à Médecins du monde pendant quatre ans. « J’étais notamment en relation avec des demandeurs d’asile victimes de traumatismes (tortures, etc.) dans leur pays », explique-t-elle.
C’est cet aspect « traumatisme » qui l’a donc interpellé dans l’offre d’emploi affichée à la Faculté de psychologie pour un poste de psychologue clinicienne au Ministère de l’intérieur. Depuis 1999, elle exerce au Service de soutien psychologique de la police nationale, créé trois ans plus tôt après une vague inquiétante de suicides dans les forces de l’ordre. « Spécialisée en psychotraumatisme et victimologie, je rencontre les agents du Bas-Rhin qui souhaitent consulter pour des raisons professionnelles (agression, blessure, usage de leur arme, etc.) ou pour des difficultés personnelles », précise Sandra.
« En cabinet, on est seul face à son patient alors qu’en institution, nous pouvons, en accord avec l’agent, faire un travail pluridisciplinaire avec les collègues. J’ai besoin de ces deux espaces de travail qui s’aèrent mutuellement. » Ce qu’elle apprécie tout particulièrement dans son métier c’est qu’elle ne s’ennuie jamais : « La singularité de l’être humain fait qu’un événement X va être vécu différemment selon les personnes, c’est ça qui est intéressant ! » En psychologie, selon elle, il n’y a jamais de certitudes. « Plus j’avance, plus je sais que je ne sais pas. Dans ce métier, il faut sans cesse actualiser ses formations, ses connaissances. Je reste donc une éternelle étudiante », explique celle qui a obtenu un DU Bases conceptuelles des psychothérapies analytiques en 2011.
Si elle reçoit en consultation dans son cabinet en soirée et le samedi – exclusivement des adultes, elle accueille aussi des étudiants en formation qui réfléchissent sur leur futur positionnement professionnel ou des spécialistes qui se questionnent sur leurs pratiques. « Cette question du partage et de la transmission, qui m’a amenée à m’inscrire dans le réseau alumni de l’université, est vraiment essentielle pour moi. »
Floriane Andrey